La reconnaissance est venue à Zim après des débuts tardifs. Né en 1959 à Port Elizabeth (une ville d’un million d’habitants, essentiellement peuplée de travailleurs attirés par ses usines automobiles), Zim était le dernier né d’une famille de cinq enfants. Il ne s’est mis à la flute qu’à 21 ans. Bien qu’il ait dû abandonner l’école avant de passer les examens d’entrée, l’évidence de son talent lui a valu une place à la Rhodes University. Il a ensuite obtenu un diplôme en « jazz studies » à l’université du Natal. Avec l’orchestre de l’université, les Jazzanians, il s’est rendu aux Etats-Unis pour la convention de l’IAJE (International Association for Jazz Education) et s’est vu offrir une formation dans l’atelier de Wynton Marsalis, puis dans le cadre des cours du Max Roach Institute of Jazz du Massachussets, où il a pu rencontrer des légendes du jazz telles qu’Archie Shepp et Yusef Lateef.
A son retour en Afrique du Sud au début des années 90, il a travaillé dans les groupes de vétérans tels qu’Abdullah Ibrahim et Hugh Masekela. Il a également consacré énormément de temps et d’énergie à la création de formations de tailles variables, depuis le quartet ou le quintet si chers au jazz jusqu’au « Drums for Peace Orchestra ». Avec ce groupe de cent musiciens, qu’il dirige et dont il est le saxophoniste soliste, il a joué à l’occasion de l’investiture du président Mandela.
Multi-instrumentiste, Zim maîtrise tous les instruments à vent ou presque : le saxophone (alto, tenor, bariton), la flute, le piccolo, l’harmonica, le pennywhistle, le melodica, … Il joue également du piano. Ajoutez à cela une voix saisissante, dont il se sert pour épicer quelques morceaux. Sa musique s’inspire autant des traditions populaires d’Afrique du Sud que de la musique savante indienne et européenne mais reste toujours fidèle aux valeurs de liberté, d’originalité et d’improvisation du jazz.
« San Song », son premier disque, enregistré en Norvège en compagnie de Bjorn Ole Solberg, est sorti en 1997. Le suivant, « Zimology », également enregistré en Norvège, est considéré comme son premier véritable album solo. Le disque est dédié à Yusuf Latef, Archie Shepp et Pharaoh Sanders, avec lesquels il a joué pendant son séjour aux Etats-Unis, ainsi qu’à un pilier du jazz sud-africain, Mgonzeni Feza. En 2001, « The Zimphonic Suite » lui vaut un succès qui dépasse largement le cercle des critiques. Zim est nominé dans cinq catégories différentes pour les SAMA (l’équivalent local des Victoires de la Musique, à ceci près que le jazz y est traité comme n’importe quel autre genre musical) et en obtient trois, dont celui de « Meilleur artiste masculin ».
Parallèlement, Zim a fait plusieurs fois le tour du monde en compagnie de son fidèle pianiste, Andile Yenana. Il donne également des cours sur le jazz à l’université du Natal, ainsi qu’à celle du Tennessee.
Son dernier album, « Vadzimu », suscite des éloges chez les mélomanes du monde entier. Pour le site allaboutjazz.com, c’est « un chef d’œuvre ». Dans son style inimitable, Zim a – avec l’aide de quelques musiciens touchés par la grâce : Andile Yenana (piano), Marcus Wyatt (trompette), Lulu Gontsana et Kesivan Naidoo (percussions) – enregistré un concept album composé de quatre suites. La première, « Satire », est un hommage à ses racines sud-africaines qui magnifie notamment le destin des mineurs immigrés dans leur propre pays. La seconde s’adresse à la « Diaspora » et visite le Mozambique. La troisième, « Liberation suite », revisite « Tafelberg », une composition d’Abdullah Ibrahim, avant de se confronter à l’hymne national. La dernière, « Nocturnes », voit Zim prendre place au piano pour trois morceaux méditatifs.
Dernièrement, Zim a écrit la musique d’un long-métrage distribué dans le monde entier, « Zulu love letters » et participé à l’enregistrement du Newtopia Project du saxophoniste marseillais Raphaël Imbert.
L’étoile de Zim Ngqawana n’a pas fini de s’élever …
“Vadzimu”, un CD Sheer Sound, SSCD 096
Bureau de Sheer Sound en France : chez François Mauger, (33) 6 63 65 17 64, francoismauger@wanadoo.fr