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OMAR SOSA - Jazz - Cuba
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Omar Sosa Trio à Eymet

« Plus tu apprends et tu comprends les traditions qui peuplent le monde, plus le message que tu transmets et traduis de toi-même est pertinent. Chacune a son rôle à jouer. J’essaie de les combiner et entremêler pour faire émerger un monde créole, c’est-à-dire libre et libéré. » Disque après disque, Omar Sosa s’est depuis le milieu des années 90 construit une identité hors-norme, élaborant une formule alchimique qui va bien au-delà des clichés du latin jazz. Tout comme son piano peut sous ses doigts se faire aisément tambour. Au fil d’une thématique originale, il cherche à rassembler dans sa musique des éléments de la diaspora africaine disséminés au fil des siècles. Dans cette quête de l’esprit des ancêtres, Omar Sosa puise l’énergie qui lui permet de toujours mieux se projeter vers l’avant. Comme pour son projet « Ceremony », où le quartet du Cubain s’associe avec le big band NDR d’Hambourg, sous la direction de l’arrangeur brésilien Jaques Morelenbaum, ou pour « Afreecanos », où il convie de belles voix mandingues.



C’est aux dernières heures du siècle dernier, à la toute fin des années 90, qu’on a soudain vu surgir de nulle part un jeune musicien cubain parfaitement inconnu au talent éblouissant et au charisme aussi immédiat qu’irrésistible. Longue silhouette d’échassier toute en souplesse musculeuse et énergie contrôlée, visage émacié empreint d’une grande sérénité, petite barbiche méphistophélique et fines tresses africaines — Omar Sosa, totalement à contre-courant de la vague revival latino mais par ailleurs parfaitement étranger aux facilités idiomatiques d’un latin jazz crispé dans ses poncifs, se révéla en quelques disques novateurs aux fulgurances incendiaires non seulement comme un pianiste d’exception aux harmonies raffinées et au style savamment percussif mais comme le concepteur inspiré d’orchestres hybrides et expérimentaux véhiculant une musique paradoxale, à la fois ultra-sophistiquée et comme perpétuellement en friche, parfaitement avant-gardiste à force de syncrétismes hardis sans jamais cesser pour autant de sonner avec le "naturel" et l’évidence d’une expression authentiquement populaire.



Aujourd’hui, si Omar Sosa s’impose non seulement comme le grand réformateur de la musique afro-caribéenne contemporaine, mais au-delà, comme l’un des musiciens les plus emblématiques de ce vaste mouvement de métissage qui bouleverse de fond en comble le paysage culturel mondial, c’est que sa musique visionnaire met en scène de façon particulièrement subtile et cohérente, en un art du collage proprement hallucinant, une conception du monde à la fois composite et syncrétique qui sur bien des points a déjà commencé d’être le nôtre. Et son univers lyrique et kaléidoscopique, résolument baroque, foncièrement créole, qui réconcilie avec grâce l’esprit et le corps, l’intemporel et l’ultra-contemporain, l’espace mythique des Orichas et le monde des hommes pourrait très bien se révéler au delà de ses séductions immédiates comme l’une des utopies musicales les plus précieuses de notre temps — le laboratoire enchanté d’un monde à la fois pluriel et égalitaire, réellement ouvert à la différence.



Rien ne prédisposait pourtant le jeune Omar à excéder avec autant d’éclat les limites de son île. Né à Cuba, à Camagüey, le 10 avril 1965, dans une famille de la petite bourgeoisie locale (son père est professeur d’histoire et de philosophie et sa mère, télé-opératrice) Omar commence d’étudier la musique à l’âge de huit ans au conservatoire municipal. Il s’initie notamment aux percussions (et plus précisément encore aux marimbas) et, après avoir brillamment obtenus ses diplômes, décide de poursuivre son apprentissage suivant le cursus ordinaire : Ecole Nationale de Musique de La Havane et enfin Institut Supérieur d'Art de La Havane. Parcours sans faute. Là il approfondit son étude des percussions dans une perspective toute classique et suit en parallèle une formation très académique de composition, d'harmonie, d'instrumentation, qui lui assure aujourd’hui des bases solides en matière d'écriture, ainsi qu'une bonne connaissance globale du vocabulaire et de la syntaxe de la musique occidentale au cours des siècles. Fort de cette assise théorique, Omar s'intéresse alors au piano, et en fait très vite son instrument de prédilection. Même s’il ne l’étudie pas dans un cadre officiel, l'instrument le fascine pour son aspect à la fois orchestral et percussif. Il s’y consacre alors en priorité, mais son approche totalement autodidacte restera à jamais influencée par sa pratique des percussions. C’est ce style personnel, d’une grande audace rythmique, qui aujourd'hui fait sa singularité.



Omar commence alors à jouer dans des contextes très variés. Il faut dire que ses goûts sont on ne peut plus éclectiques. Totalement imprégné de culture cubaine depuis son enfance (depuis Irakere ou Paquito De Riveira en passant par Orquesta Aragon, Benny More, Chucho Valdes jusqu'aux groupes locaux les plus obscurs...), Omar, l’oreille collée à une toute petite radio sur laquelle il parvient parfois à capter des émissions venues des Etats-Unis, découvre dans une sorte d'exaltation liée à la transgression d'un interdit, le jazz, la pop, le funk... C’est l’époque également où des musiciens qui avaient émigré aux USA commencent à rentrer à Cuba en rapportant des cassettes, des disques d'autres formes de musique. Le pays s’entrouvre sur l'extérieur — Omar profite de ce courant d'air frais.



Pourtant, dés ce moment, ce qui fascine vraiment le jeune pianiste, au-delà des modes, c'est le jazz. Il pressent que cette musique basée sur la spontanéité et l’improvisation est une philosophie de vie, une école de la liberté. Il se procure les disques des grands pianistes (Oscar Peterson, Herbie Hancock, Chick Corea, Keith Jarrett) mais s’imprègne également des harmonies bop de Charlie Parker, des mélopées spiritualistes de John Coltrane et surtout découvre Thelonious Monk dont le style abrupt et dissonant devient sa référence. Il comprend alors que d'une manière ou d’une autre le jazz sera l’un des idiomes majeurs de sa musique à venir.



A la fin des années 80, riche de tous ces apports, Omar commence de travailler comme directeur musical auprès de chanteurs pop cubains (Vicente Feliu et Xiomara Laugart), puis en 1993 émigre en Equateur, à Quito, pour un voyage qui s’avérera décisif. Là, dans une petite enclave située sur la côte ouest du pays, il découvre une expression musicale folklorique originale, fortement attachée à ses racines africaines et commence de concevoir de façon précise une musique puissamment syncrétique qui saurait cristalliser toute la diversité d'expressions générée par la diasopra africaine. Il comprend que le swing, la danse, le rapport au corps, à la sensualité sont autant de qualités essentielles que l'on retrouve dans le jazz, les musiques portoricaine, caribéennes, cubaine, toutes ces expressions qui, au-delà de leurs différences stylistiques nés de métissages culturels toujours singuliers, ont toutes une origine commune : l'Afrique confisquée des esclaves.



Dès lors Omar a trouvé sa voie. Il crée un premier groupe d’inspiration " jazz fusion ", Entrenoz, passe quelque temps en Espagne, à Palma de Majorque puis émigre fin 95 à San Francisco où il ne tarde pas à se faire un nom au sein d’une scène latine où son jeu explosif et ses conceptions avant-gardistes détonnent et séduisent.



Quelques mois après son arrivée, en 1996, il fait paraître son premier disque US sur la marque Ota Records, un enregistrement de piano solo intitulé Omar, Omar, suivi dans la foulée en 1997 par l’extraordinaire Free Roots, premier opus programmatique de ce qui s’avérera une trilogie majeure de la world music de cette fin de siècle (Free Roots, Spirits of the Roots (1998) et Bembon (2000)). Là, explose pour la première fois l’extraordinaire exubérance baroque d’une musique authentiquement futuriste progressant par accumulation, prolifération, répétitions. Des grooves rythmiques afro-cubains lancinants se métamorphosent soudain en pulsations urbaines complexes à la manière M’Base de Steve Coleman ; des traditions orales multiples s’enchevêtrent et se superposent, du slam (tchache hybride entre rap et poésie) aux mélopées yoruba ; des arrangements de cuivres épicés réinventent le latin jazz moribond… Sosa ose tout et d’un coup trouve son style. Le résultat est éblouissant d’inventivité. Passant dès lors son temps entre l’Europe et les USA où sa musique rencontre soudain un vif intérêt, Sosa multiplie les projets dans les formats les plus variés : il enregistre en duo avec le percussionniste John Santos (Njumbe) ; fait paraître en 1999 un second disque solo intitulé Inside, magnifique dérive contemplative et impressionniste, mais surtout continue ses expérimentations orchestrales ne cessant de confronter son univers aux traditions musicales du monde entier.



Avec Prietos (2001) et surtout Sentir (2002), deux œuvres majeures, le pianiste ouvre alors son univers aux rythmes et fragrances du monde arabe. Avec un grand raffinement d’écriture, Sosa y fait s’entrechoquer les cultures (musiques gnawa, cubaine, jazz, traditions occidentales…), entremêle les langues (Arabe, Anglais, Portugais, Espagnol, Yoruba), marrie les traditions instrumentales (gembri, balafon, oud, djembe) et signe un authentique petit chef-d’œuvre d’intelligence musicale, récompensé un peu partout dans le monde par les plus hautes distinctions.



Aujourd’hui c’est un fait : Omar Sosa est sur tous les fronts. Mais qu’il se produise en duo avec le percussionniste vénézuélien Gustavo Ovalles (Ayaguna), avec le Français Mino Cinelu, ou bien encore relève le défi de sa première œuvre symphonique, vaste pièce de 45 minutes intitulée From Our Mother, combinant des motifs folkloriques de Cuba, du Venezuela et d’Equateur avec des harmonies spécifiquement jazz, le pianiste et compositeur semble bien décidé à ne pas profiter de cette soudaine renommée pour se reposer mollement sur ses acquis. Bien au contraire même, si l’on en croit ce nouveau disque, Mulatos, où sous la houlette du producteur Steve Argüelles, Omar Sosa lâche le contrôle et se laisse voluptueusement embarquer dans un univers high-tech ultra-raffiné et subtilement teinté d’électro, laissant pour un temps de côté les folles exubérances de ses hybridations formelles.
Changement de cap ? En apparence seulement. Car sous le poli d’une production extraordinaire de contrôle et de précision, c’est bien toujours la même volonté de se confronter à l’autre sous toutes ses formes qui sous-tend le projet de cette œuvre atypique. Et ce disque, tout autant que les précédents, peut légitimement se reconnaître dans la définition que Sosa donne lui-même de son travail : " Ce n'est pas une fusion superficielle d'éléments hétérogènes qui rendrait compte de la diversité de la musique actuelle ; c'est l'intuition que toutes ces traditions ont fondamentalement à voir les unes avec les autres et qu'il est temps de les faire se réconcilier, de les faire chanter de la même voix... " On ne saurait mieux dire la profonde générosité de cette musique de fraternité.



CITATIONS PRESSE OMAR SOSA AFREECANOS / MARS AVRIL 2008



« ... ce magnifique pianiste cubain poursuit sa quête d’un jazz panafricaniste, où toutes les diasporas musicales noires renoueraient avec la vibration de la Terre Mère, l’Afrique. »

LE NOUVEL OBS 20 MARS 08



« Chaque création qui sort du chapeau de ce lutin mystique est une escapade toujours plus insolite... Le tissu sonore à géométrie variable tracé par ce démiurge est une œuvre totalement aboutie. Avec ses acolytes africains... Omar Sosa invente un jazz à l’horizon très ouvert, lyrique quelques fois... Grandiose. »

GEO AVRIL 08



« L’esprit des ancêtres africains souffle sur ce nouvel album du pianiste cubain Omar Sosa.»

fff TELERAMA DU 5 AU 11 AVRIL 08



« L’élégance et le raffinement caractéristiques des compositions du pianiste et percussionniste Omar Sosa font ici une nouvelle fois merveille. »

LE PARISIEN 20 MARS 08



«... album délicat et foisonnant de l’élégant Omar Sosa, lyrique et mystique pianiste de jazz ... il a le toucher subtil, rêveur et digne. »

LE MONDE 26 FEVRIER 08



« ...Omar Sosa s’impose à la fois comme le grand réformateur de la musique afro- caribéenne contemporaine mais au-delà, comme l’un des musiciens les plus emblématiques de ce métissage qui boulverse de fond en comble le paysage musical mondial. »

A NOUS PARIS 10 MARS 08



« ... extraordinaire musicien cubain, prolixe, prospectif, assoiffé d’espace inédits bien plus que de reconnaissance ... Sosa est avant tout un « chercheur » au sens spirituel du terme... L’album, dont plusieurs titres sont dédiés aux « orishas », divinités du panthéon santériste, propose une musique recueillie et d’une bienfaisante sérénité. »

LES INROCKUPTIBLES 25 MARS 08



« Avec ‘Afreecanos’, le pianiste cubain Omar Sosa restitue l’énergie solaire des origines tout en s’inspirant des sonorités mondiales. Un chef d’œuvre. »

AFRIQUE ASIE MARS 08



« Entre folklore et avant-garde, le pianiste cubain sort le disque le plus ambitieux de sa carrière ... Lyrique et baroque, cette musique invite à un rêve d’une beauté limpide. »

VIBRATIONS MARS 2008



« ... Afreecanos confirme le talent du leader pour mixer avec subtilité et juste mesure rythmes afro-cubains, chants Yoruba, mélodies attrayantes et cosmopolites ... Avec un disque pas loin de la flamboyance qui sait aussi se faire méditatif et solennel, Sosa donne un bon coup de vieux à ce concept impropre et colonialiste de musique world. »

JAZZ MAG MARS 2008



« L'apport de voix et de timbres en provenance du continent de ses ancêtres ne trahissent pas la musique d'Omar Sosa, qui revêt toujours la forme d'un jazz afro-caribéen contrasté, succession de climats apaisés et emportés, de moments incantatoires et d'atmosphères luxuriantes. »

DEPÊCHE AFP MARS 08




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