Il est des musiciens dont le fil conducteur est un chemin qui préfère fuir les lignes droites parfois jugées trop faciles, pour s’aventurer au gré des envies et des circonstances, vers des destinations musicales inexplorées qui tisseront finalement, ce fil. Cette marque de fabrique est souvent l’apanage des grands, de ceux que l’on nommera plus tard (ou que l’on nomme déjà) des chefs de file, des précurseurs, des défricheurs majeurs. Si la carrière de Magic Malik se nourrit principalement aux yeux du grand public de participations nombreuses à des projets aussi hétéroclites que plébiscités, elle prend une dimension toute singulière dans le cadre d’un projet solo d’envergure qui ouvre la voie à un jazz nouveau et cérébral, au même titre que le M-base Colemanien outre-atlantique, ou l’avant-gardisme d’Akamoon chez nos voisins belges.
- MAGIC MALIK ORCHESTRA -
« Saoule » (Label Bleu / Harmonia Mundi) sortie officielle le 28 août 2008
Pour son sixième opus sous son nom, Magic Malik revient avec un double album intitulé « Saoule ». On y découvre deux disques qui explorent deux approches de la musique : « mon travail peut se scinder en deux pôles. Le premier concerne une approche de la musique sous un angle formel. J'y développe des modèles que j'expérimente. Cette approche, je la produis généralement sous la dénomination "XP". Le second est une approche plus libre, livrée à une inspiration plus immédiate, reliée à une mémoire plus collective. C’est dans cette approche, plus accessible et plus communicative, que se situe « Saoule ». Vous trouverez quand même un deuxième disque sous la domination Hard XP (chassez le naturel…)».
Plus axé sur l’aspect mélodique, « Saoule » marque une nouvelle étape dans la discographie de Malik : « c'est un disque qui est plus ouvert sur l'autre, dans lequel je voulais partager ». On retrouve toute une partie de son travail scénique qu’il n’avait délibérément pas voulu enregistrer pendant le cycle XP. Les amateurs reconnaîtront quelques thèmes ré-arrangés des précédents répertoires comme « Marthe », en version electro jazz (précédemment enregistré sur l'album « Gambit » de Julien Loureau), ou « le Bip », en deux nouvelles déclinaisons.
Et puis il y a les morceaux qui font rêver les mélomanes, musiciens ou non, comme « Grosse Grippe », qui nous plonge directement dans l'atmosphère des concerts du Magic Malik Orchestra. Viennent ensuite « La Passacouaille » (version malikeènne de la Contredanse) et « Caraïbes », la berceuse de l'album, plein de souvenirs d'enfance. On arrive au funk avec « La Somme », où la flûte passe en second plan et c'est la voix du rappeur Alonymous qui est mise en avant. On explore ensuite la musique des pionniers du jazz fusion des années 70 avec « Paper nut », reprise d’un titre du mythique L.Shankar. Puis la flûte reprend sa place prédominante, comme si elle nous racontait une histoire, dans un morceau intitulé « Soler babe ».
« Saoule » se présente donc comme un voyage dans l’univers musical protéiforme de Malik, qui enregistre pour la dernière fois en Quintet : Maxime Zampieri à la batterie, Jozef Dumoulin aux claviers, Denis Guivarch' au saxophone et Sarah Murcia à la contrebasse. A noter également la présence de plusieurs invités : « j'avais envie aussi d'inviter des amis, comme dans 69-96 : Nicolas Genest ce vieux compagnon de route, Minino Garay, Alonymous pour avoir un peu de voix chaude et authentique, Airelle Besson, Gilbert Nouno. »
Le Magic Malik Orchestra se produit aujourd’hui en Quartet. Malik sera désormais accompagné sur scène de Jean-Luc Lehr à la basse, de Maxime Zampieri à la batterie et de Jozef Dumoulin au piano.
Musiciens :
Magic Malik Mezzadri : Flûte, chant
Sarah Murcia : Contrebasse
Jozef Dumoulin : Piano, claviers, fender rhodes
Denis Guivarch’ : Saxophone
Maxime Zampieri : Batterie
Invités :
Airelle Besson : Trompette
Nicolas Genest : Bugle
Minino Garay : Percussions
Alonymous : Rap
Gilbert Nouno : Bidouillages informatique